
Au travail, les relations interpersonnelles jouent un rôle majeur sur la motivation, la productivité, mais aussi la santé des salariés. Comment entretenir des relations plus apaisées au travail ? On fait le point.
💡 On appelle relations interpersonnelles au travail toutes les interactions qui existent entre des personnes en entreprise, qu’elles soient d’ordre hiérarchique, collaboratif ou amical.
Xavier Chanard, Psychologue, Consultant QVCT & management, souligne que ces relations sont les fondations de notre santé physique et mentale. En effet, tout comme nous avons des besoins physiologiques primaires (manger, boire, respirer, dormir), nous avons également des besoins psychologiques (s’exprimer, comprendre et être compris).
« Nos besoins primaires psychologiques sont tout aussi importants que nos besoins physiologiques. Si ces besoins psychologiques ne s’expriment pas, c’est un peu comme si nous passions la journée sans respirer ! »

Xavier Chanard ajoute que ces relations se manifestent à travers 3 types d’interactions :
• Le verbal : ce qui est dit via la parole
• L’émotionnel : ce qui est ressenti
• Le corporel : ce qui n’est pas dit (la communication non-verbale)
S’il n’y a pas au moins l’un de ces 3 éléments, il n’y a pas de relations interpersonnelles. Pour autant, ces 3 interactions ne sont pas nécessairement actives en même temps, elles peuvent fluctuer, comme le souligne le psychologue :
« Un livreur qui distribue des colis sans échanger le moindre mot durant son service sera peu dans l’échange verbal. Ses interactions relèveront davantage du corporel, via un signe de tête ou un sourire peut-être, lorsqu’il croisera des personnes. Quelqu’un en télétravail, au contraire, sera probablement moins dans le corporel, mais plus dans l’émotionnel. »

Les relations interpersonnelles, véritable pilier de la qualité de vie au travail, ont une influence sur l’épanouissement personnel des salariés, mais également sur la santé globale de l’entreprise. Un climat qui participe directement au niveau d’engagement et à la rétention des talents.
En témoignent les résultats d’une étude publiée par l’Apec en janvier 2024 : 42 % des cadres déclarent avoir démissionné à cause d’une mauvaise ambiance et 45 % en raison d’un manque de reconnaissance. Des raisons citées devant la charge de travail excessive (23 %) et le manque d’autonomie (21 %).
Lorsque les relations interpersonnelles se dégradent (absence d’écoute, faible communication, violence verbale…), des résistances peuvent se mettre en place et générer un sentiment de mal-être au travail. On considère d’ailleurs qu’une relation interpersonnelle est malsaine dès lors que celle-ci provoque de la souffrance chez la personne.
Plus je communique, plus je crée de nouveaux schémas neurologiques, plus je suis capable d’élaborer de nouvelles solutions. Tout cela renforce les schémas d’apprentissage et donc l’adaptabilité.
— Xavier Chanard, Psychologue, Consultant QVCT & management, Expert monMARTIN

Au-delà d’un cadre de travail plus épanouissant pour le groupe via une meilleure cohésion, collaboration et communication, des relations interpersonnelles saines vont aussi impacter le développement du salarié, comme l’explique Xavier Chanard :
« Plus je communique, plus je crée de nouveaux schémas neurologiques, plus je suis capable d’élaborer de nouvelles solutions. Tout cela renforce les schémas d’apprentissage et donc l’adaptabilité. »
Cette capacité à mieux s’adapter aux situations contribue à réduire les risques psychosociaux (RPS). Les RPS sont définis par l’Institut National de Recherche et de Sécurité (INRS) comme « des situations de travail où sont présents, combinés ou non, du stress, des violences internes et des violences externes ».
Une faible capacité d’adaptation peut, en revanche, conduire à un rejet des relations interpersonnelles et aggraver les RPS.

Dans un contexte de relations interpersonnelles dégradées au travail, il convient d’être vigilant, d’en parler (à quelqu’un de confiance dans l’entreprise, à son entourage ou à un professionnel de santé) et de ne surtout pas s’isoler. En effet, pour Xavier Chanard, le fait de couper la relation est le premier facteur de maladie, notamment mentale :
« Tant qu’on se bat, qu’on maintient la relation, on évite le risque de maladie. S’exprimer, c’est rester en bonne santé. A contrario, si on commence à se mettre en retrait, à fuir, à se couper de tout échange, on aggrave le risque de développer un trouble ou une maladie. »
Pour le psychologue, le conseil premier pour conserver de bonnes relations en entreprise, c’est de rester curieux :
« Le mot d’ordre, c’est la curiosité. Il faut avoir cette volonté de comprendre, de questionner. De cette manière, on s’enrichit soi-même et le groupe. Cela profite à tout le monde. »

1. Pratiquez l’écoute active :
Écoutez attentivement vos collègues sans les interrompre, ni émettre de jugement. Faites preuve d’empathie et de curiosité en essayant de comprendre leur point de vue.
2. Ne pas présumer :
Ne faites pas de suppositions. En cas d’incompréhension, demandez des clarifications à la personne pour mieux saisir sa demande et éviter tout malentendu.
3. Avoir des points dédiés pour échanger :
Pour encourager les retours et soulever d’éventuels points de désaccord, instaurez un espace dédié. Cela peut être un point hebdomadaire en salle de réunion ou un café en équipe où chacun est libre de s’exprimer, d’émettre des avis et de partager ses ressentis. Comme un baromètre d’humeur !
4. Gérer les conflits de façon saine :
Abordez les conflits avec une attitude de coopération et de compréhension mutuelle. Ne vous sentez pas attaqué, écoutez l’autre et communiquez de manière constructive pour trouver une solution mutuelle.
5. Partager des moments informels :
Pour renforcer les liens entre les membres de l’entreprise, n’hésitez pas à proposer des moments hors du cadre professionnel : déjeuners, team building, sessions de sport, afterwork… Des rendez-vous propices pour mieux faire connaissance et échanger de manière informelle sur les rapports au travail.
6. Favoriser l’inclusion :
Prenez en compte les besoins de chacun et faites en sorte que toutes les voix soient entendues et respectées.
Les relations interpersonnelles au travail peuvent autant être source de mal-être que d’épanouissement. Maintenant que vous connaissez quelques solutions pour entretenir des relations plus apaisées, il ne vous reste plus qu’à les mettre en pratique !
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